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PETIT CAMPUS : Ce que nos rapports aux animaux disent de nous

Nos rapports aux animaux, Késaco ?

C’est Noël ! Le sapin est bien décoré, tout le monde est là et Téo, le gourmand, a hâte de passer à table. En plus, en entrée, il y a du foie gras… miam ! Il s’apprête à dévorer les toasts mais sa cousine Jade se fâche : pourquoi sert-on du foie gras ? Est-ce qu’on a oublié que les canards étaient gavés de force, rendus malades, pour l’obtenir ?  Cette discussion perturbe Téo. Il est d’accord que les conditions de vie de ces canards sont choquantes. Pourtant, il mange quand même du foie gras

Notre rapport aux animaux

Nous, les humains, sommes habitués à être dans une situation de pouvoir sur les animaux, où nous prenons des décisions pour eux : par exemple, nous élevons certains animaux pour qu’ils nous soient utiles, et nous en éliminons d’autres que nous trouvons nuisibles. Sans y réfléchir, il nous paraît naturel de les dominer.

Le regard de la philosophe Corine Pelluchon sur ce sujet

Comment décririez-vous le rapport humains-animaux aujourd’hui ?

"Il est contradictoire. D’un côté, nous sommes très nombreux à reconnaître que les animaux ne sont pas des machines et qu’il existe trop de violence dans la manière dont ils sont traités. Et pourtant, dans la pratique, peu de gens changent leurs habitudes alimentaires ou réduisent tout simplement leur consommation de viande. Même sur le plan législatif, notamment en France, peu de changements sont mis en place pour améliorer la condition animale et supprimer les pratiques cruelles."

Quand nos actions ne nous ressemblent pas

Téo ne sait plus s’il a envie de manger ce foie gras. Il se sent honteux après les remarques de sa cousine. Mais d’un autre côté,  il n’en mange pas beaucoup, seulement une fois par an. Téo se dit que s’il n’en mange plus, cela ne fera pas une grande différence sur le nombre de canards élevés pour le foie gras. Et puis celui-ci est déjà servi… autant en profiter... Il laisse de côté ces questions désagréables, et continue son repas de fête. On verra bien l’année prochaine.

Le regard de la philosophe Corine Pelluchon

Comment expliquer que l’on agisse de manière contraire à nos propres valeurs ?

"D’une part, le poids des habitudes. Changer de comportement demande de l’imagination pour trouver, par exemple, de nouvelles manières de cuisiner ou de s’habiller ; cela demande aussi de la liberté intérieure et un peu de courage. Et, d’autre part, une forme d’autoprotection : regarder en face la souffrance endurée par certains animaux nous fait ressentir des émotions difficiles à vivre. Les gens préfèrent fuir la réalité, faire comme si la souffrance animale n’existait pas. Ou bien ils trouvent des justifications pour rendre ces actions acceptables et disent, par exemple, que les poulets sont faits pour nous nourrir. Enfin, il y a certaines personnes qui sont indifférentes à la souffrance animale comme la torture endurée par les canards lorsqu’ils sont gavés."

Permettre le changement

Que faire pour l’année prochaine ? Après réflexion, Téo se dit qu’il je ne pourra plus apprécier de manger du foie gras. Et pourtant, il aime préparer ce plat traditionnel avec son grand-père, c’est la tradition et c’est l’un de ses moments préférés.

Après tout ce n’est pas bien grave, ils pourront tester ensemble une nouvelle recette de buche de Noël.

Le regard de la philosophe Corine Pelluchon

Comment la philosophie peut nous aider dans ces changements ?

"La philosophie permet de réfléchir à des questions importantes en acceptant de remettre en cause ses certitudes. De plus, face à des situations où nous recevons des informations floues ou contradictoires, la philosophie a pour but de clarifier les termes du débat et d’inviter chacun à réfléchir au lieu de tout accepter pour argent comptant."

Enfin, pour changer concrètement les choses, il faut insister sur les points d’accord qui existent entre les gens même si subsistent des divergences de vue entre eux. C’est le cas des éleveurs et des défenseurs des animaux : tous pensent qu’il est nécessaire d’améliorer la condition animale, il faut donc proposer des modifications qui peuvent être acceptables pour les deux camps.

La philosophie souligne à la fois les points d’accord et les profondes divergences et cela est utile pour arriver à des changements concrets tout en faisant comprendre qu’il reste beaucoup à accomplir pour bâtir un monde meilleur.

 

Qu’en penses-tu ?

  • Sommes-nous réellement supérieurs aux animaux ?
  • Pourquoi l’humain aurait-il besoin de les dominer ?
  • Pourquoi nos actes sont-ils parfois très différents de nos pensées ?
  • Pourquoi est-ce si dur de changer nos comportements ?

     Tu peux transmettre tes idées aux scientifiques de l’Université Gustave Eiffel en cliquant sur ce formulaire.