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Inondations : une innovation née de contributions

Regards croisés

L'entretien avec Isabelle Ragot-Court, docteure en psychologie sociale et chercheuse au Laboratoire Mécanismes d'accidents de l'Université Gustave Eiffel et Marc Rigolot, directeur de la Fondation MAIF pour la recherche.

Pourquoi la fondation MAIF pour la recherche a lancé cet appel à projets ?

Marc Rigolot : « Malgré la communication des communes, des syndicats des eaux, des assureurs, la gratuité des diagnostics et les aides pour les travaux, le passage à l'action des habitants est extrêmement faible. Sachant que nos décisions sont basées sur des biais cognitifs (comparaison sociale ou aversion de la perte, par exemple), l'objectif de ce projet était d'intégrer les sciences comportementales pour faire basculer les gens dans une logique d'action. On le voit, si on parle des déchets de nos poubelles qui vont se disperser partout à cause de l'eau ou de notre chien ou de notre chat, on ne réagit pas de la même façon... ».

Quel a été le rôle des utilisateurs dans la conception de l'application ?

Isabelle Ragot-Court : « Au départ, notre première maquette était issue d'un benchmark des outils existants, croisé avec les entretiens auprès des acteurs métiers, des décideurs locaux pour cerner le besoin. Nous avions un contenu, des boîtes que l'on avait arrangées selon notre idée. On a ensuite fait un test d'évaluation à la fois de manière quantitative, mais aussi qualitative sur tous les critères qu'on appelle d'utilisabilité. On a développé plusieurs versions à partir de la démarche participative. A chaque version de l’outil, des consultations ont été faites auprès des utilisateurs-cibles (des représentants d’acteurs-métiers et de citoyens de différents profils). Leurs retours nous ont permis d'améliorer chaque version pour que le résultat soit le meilleur compromis entre les attentes, les besoins, la satisfaction des acteurs-métiers et celle des citoyens. L'objectif est que l'utilisateur se sente bien dans la manipulation de cet outil, qu'il n'ait pas envie de fermer l'appli au bout de trois minutes. »

Marc Rigolot : « Quand on prend en compte l'expérience utilisateur, on obtient des outils plus adaptés aux besoins. »

Quel est le retour des participants sur la recherche participative ?

Isabelle Ragot-Court : « Les sciences participatives plaisent aux citoyens. Ils sont dans une démarche de co-construction, où leur voix compte.
Ce qui est intéressant dans les sciences participatives, c'est que chacun est porteur de son expertise.
Les chercheurs sont experts dans leur discipline, dans leur méthodologie, les citoyens sont experts dans l'usage, les acteurs métiers sont experts dans le type de risque dont ils s'occupent. Tout le monde est expert à la même échelle. C'est une posture que l'on doit vraiment avoir dès le départ. »

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Isabelle Ragot-Court

Marc Rigolot