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Tous impliqués contre les tiques

Les coulisses de la recherche

Expérimentation grandeur nature, le projet Sotique s'inscrit dans les problématiques de gestion de la santé à l'échelle d'un territoire. En collectant des données au sein de 3 sites de la communauté d'agglomération Marne-et-Gondoire, les chercheurs travaillent main dans la main avec les acteurs publics et les habitants.

Quelques infos pour mieux connaître les tiques

Ixodes ricinus est la tique la plus répandue en France. On la trouve sur la majeure partie du territoire, sauf sur le pourtour méditerranéen dont le climat est trop sec mais qui est favorable à d’autres espèces de tiques notamment Hyalomma marginatum qui peut transmettre le virus de la fièvre de Crimée-Congo.

L’activité de la tique I. ricinus suit un cycle saisonnier. Elle est très active au printemps avec, lorsque les conditions climatiques sont favorables, un regain d’activité à l'automne. Du fait du changement climatique, la saisonnalité devient moins marquée :  les tiques maintiennent une activité en hiver et on les observe à des niveaux d'altitude plus élevés qu'auparavant.

Des analyses par IA et des enquêtes par questionnaires

Différentes disciplines sont mises à contribution pour ce projet : l'écologie, la géomatique, les sciences humaines et sociales, les statistiques.
Pour définir le risque à l'échelle d'un territoire, le projet Sotique s'est attaché à trois critères.
Concernant l'abondance des tiques, le LISIS (Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés) réalise des échantillonnages en capturant des tiques sur trois sites situés en Marne-et-Gondoire. Des analyses en laboratoire sont en cours pour identifier les pathogènes présents dans les tiques collectées. En France, on estime qu’en moyenne 15% des tiques sont porteuses de l’agent pathogène de la maladie de Lyme mais cela peut varier selon les régions.
Le LASTIG (Laboratoire en Sciences et technologies de l'information géographique) s'est concentré sur la fréquentation du territoire par les citoyens. Une méthode est développée pour automatiser la captation par vidéo de la fréquentation. Ces images sont ensuite analysées par des algorithmes d’Intelligence artificielle. L'objectif est de savoir comment est utilisé le territoire par les usagers afin de caractériser l’espace et définir qui fait quoi, comment, et à quel endroit.
Pour connaître la vulnérabilité des publics, des questionnaires sont diffusés aux différents usagers : parents d’élèves, randonneurs, promeneurs de chien, etc.
Pour déployer le projet, le rôle de la mairie de Gouvernes et de l'Office de tourisme Marne-et-Gondoire a été majeur. Après que le projet leur ait été présenté, chaque acteur public a échangé avec ses partenaires (directeurs d'écoles, associations, conseillère pédagogique de l'inspection d'académie, etc.) ce qui a permis de diffuser les questionnaires lors des ateliers de sensibilisation dans les écoles ou lors d'événements sportifs et/ou culturels. « On fait des choses qu'on n'avait pas imaginées au départ », se réjouit Séverine Bord, ingénieure de recherche en étude statistique au LISIS (Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés).

Une modélisation du risque

À partir de ces données complexes et hétérogènes, issues de différentes sources et définies à des échelles spatiales et temporelles différentes, l'enjeu est méthodologique pour le LAMA (Laboratoire d'analyse et de mathématiques appliquées). L’objectif est de mettre au point une modélisation de ces données afin de caractériser statistiquement le risque de piqûre de tiques.

La méthodologie mise au point dans le projet et les résultats obtenus permettront de proposer une preuve de concept d'évaluation du risque généralisable à d’autres contextes géographiques voire d’autres contextes épidémiologiques.