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Inondations : une innovation née de contributions

Les coulisses de la recherche

Une équipe pluridisciplinaire a répondu à l'appel à projet de la Fondation MAIF et a collaboré avec le Syndicat mixte du bassin de Sorgues et le bureau d'étude en médiation environnementale Autrement dit pour créer la web application « Inondation : agir en prévention ». Les utilisateurs ont été associés de A à Z pour que l'outil réponde au mieux aux objectifs.

Face à la baisse de l'efficacité des approches collectives en matière de prévention, le projet « Inondation : agir en prévention » apporte un outil complémentaire pour sensibiliser les citoyens, obtenir un changement d'attitude et réduire les comportements à risque.

Les sciences comportementales au service de la prévention

« Les acteurs du risque et les décideurs publics sont de plus en plus convaincus que la prévention, la gestion du risque, et même le retour à la normale ne peuvent plus s'affranchir de l'implication des citoyens. Notre projet est de sensibiliser le plus grand nombre et surtout de rendre le citoyen acteur lui-même », explique Isabelle Ragot-Court, docteure en psychologie sociale, chercheuse au Laboratoire Mécanismes d'Accidents (LMA) de l'Université Gustave Eiffel et coordinatrice de l'équipe-projet associée au Syndicat mixte du bassin des Sorgues et au cabinet Autrement dit pour répondre à l'appel à projets de la fondation MAIF pour la recherche.
Le LMA s'est aussi associé au laboratoire des Risques chroniques émergents de l'Université de Nîmes pour codiriger une thèse de doctorat en psychologie sociale et environnement dont les travaux ont alimenté la conception de l'appli et son évaluation par les citoyens-public-cible.
Cet appel à projets a été établi en partant du constat que les comportements individuels peuvent être améliorés face aux situations à risque. Son objectif : faire émerger des approches de prévention plus individualisées dans l'objectif d'atteindre une meilleure efficacité.

Une appli diffusée par les acteurs de terrain

Le nouvel outil devait pouvoir être utilisé gratuitement par le plus grand nombre. La web-application a été créée à partir de la psychologie sociale et de la persuasion technologique. « En sciences comportementales, on a des techniques qui vont favoriser l'inclinaison des comportements dans le sens de la sécurité. En sciences numériques et informatique, on a d'autres astuces sur la navigation pour amener les gens là où l'on veut : par exemple, des boutons incitatifs, de la récompense virtuelle », précise Isabelle Ragot-Court.
Les chercheurs se sont également appuyés sur les connaissances des acteurs de terrain pour le contenu de l'application, mais aussi pour sa diffusion auprès de la population, du fait de leur proximité.  

Pour s'assurer de l'efficacité de l'application, des habitants l'ont testé à chaque étape. « Le principe, c'est de supposer des besoins et des niveaux de connaissance, puis avec le retour des utilisateurs, de se réajuster », souligne Marc Rigolot, directeur de la Fondation MAIF pour la recherche.
L'appli recense des informations concrètes et des pistes d'actions à mener en fonction de chaque situation. Avec l'auto-diagnostic et le quiz, les utilisateurs de l'appli ressortent avec en tête les bons gestes de prévention et les bons réflexes.